Imagine : ton van a un toit relevable, ou un toit bombé, et l’idée de percer la tôle ne te plaît pas du tout. Le panneau souple a l’air fait pour toi : 1,5 kg pour 100 W, collé en une après-midi. C’est un bon plan quand le rigide est impossible, et une fausse bonne idée quand ton toit accepte des supports. Collé à plat, un panneau souple n’a pas d’air dessous : il chauffe, perd un peu de rendement, et ses garanties sont courtes.

Sommaire

Souple ou rigide : les compromis

Le panneau souple remplace le verre et le cadre aluminium par un film. Les trois modèles retenus ici ont une surface en ETFE, un plastique transparent. Il gagne en poids et en souplesse, il perd en refroidissement.

Panneau souple ou rigide : ce qui change, d'après les fiches citées
CritèreSoupleRigide
Poids pour 100 W1,1 kg (DOKIO), 1,5 kg (Aysolar), environ 1,8 kg (ECO-WORTHY)Environ 5,5 kg (enjoy solar 150 W : 8,2 kg)
Puissance par m²Environ 195 W/m² (Aysolar)Environ 193 W/m² (enjoy solar)
Toit bombé ou relevableSuit une courbe, pas de perçageDemande un toit plat et des supports
RefroidissementCollé : aucun air dessousSur supports : lame d'air sous le panneau
Garantie (exemples)1 an (ECO-WORTHY)Rendement : 80 % à 25 ans (enjoy solar)

Le poids pour 100 W vient de la fiche : 1,5 kg pour l’Aysolar de 100 W, 1,1 kg par panneau de 100 W chez DOKIO, 7,3 kg pour les 400 W d’ECO-WORTHY. Pour le rigide, on reprend le panneau enjoy solar de notre kit solaire 300 W pour camping-car : 8,2 kg pour 150 W.

Une surprise dans ce tableau : à surface égale, le souple ne produit pas plus. L’Aysolar donne 100 W sur 0,97 × 0,53 = 0,51 m², le rigide enjoy solar 150 W sur 1,16 × 0,67 = 0,78 m². Les deux tournent autour de 195 W par m².

La chaleur : ce que coûte un panneau collé

Un panneau solaire produit moins quand il chauffe. Un rigide posé sur des supports a de l’air qui circule sous lui et refroidit sa face arrière. Un souple collé à plat n’a que sa face avant pour évacuer la chaleur : le toit, chauffé par le même soleil, ne l’aide pas.

Pour mettre un ordre de grandeur sur cet écart, on a utilisé PVGIS, l’outil de la Commission européenne, qui distingue deux montages : « libre », ventilé, et « intégré au bâtiment », sans ventilation. Pour 300 W posés à plat à Lyon, il compte 6,6 % de pertes dues à la température sur l’année en montage ventilé, contre 9,5 % sans ventilation. La production annuelle passe de 322 à 312 kWh, soit environ 3 % de moins. En juillet, le mois le plus chaud, on passe de 1,46 à 1,40 kWh par jour.

Panneau solaire souple collé ou posé sur profilés : vue en coupe du toitEn haut, le panneau souple est collé directement sur le toit : rien ne circule dessous, la chaleur ne s'évacue que par la face avant. Dans la simulation PVGIS d'un système de 300 Wc à plat à Lyon, les pertes dues à la température atteignent 9,5 % par an pour un montage sans ventilation. En bas, le panneau repose sur deux profilés : une lame d'air passe entre le panneau et le toit et refroidit sa face arrière. Pour un montage ventilé, la même simulation donne 6,6 % de pertes dues à la température.Collé à platPanneau · colle · tôle du toitRien ne circule dessousPertes dues à la chaleur : 9,5 %/anSur profilésPanneau · lame d'air · tôle du toitL'air refroidit la face arrièrePertes dues à la chaleur : 6,6 %/an
Coupe de principe, sans échelle. Pourcentages : simulation PVGIS (Commission européenne) d'un système de 300 Wc posé à plat à Lyon, montage « intégré au bâtiment », sans ventilation, contre montage « libre », ventilé. C'est un modèle pour panneaux cristallins, pas une mesure faite sur un panneau souple.

C’est une simulation pour des panneaux cristallins, pas une mesure sur un panneau souple. Mais elle montre l’idée : coller coûte quelques pour cent, pas la moitié de la production. La fiche DOKIO, elle, prend la chaleur au sérieux : elle demande un espace de ventilation et interdit de poser le panneau directement sur un matériau inflammable : bois, tissu, mousse.

Reste la durée de vie. Aucune des trois fiches ne la chiffre. Les garanties donnent un indice : 1 an pour l’ECO-WORTHY, aucune indiquée pour le DOKIO et l’Aysolar, quand le panneau rigide de notre kit annonce encore 80 % de rendement à 25 ans. Rien sur ces fiches ne promet qu’un souple collé, qui chauffe chaque été, dure aussi longtemps qu’un rigide bien ventilé.

Panneau solaire souple à cadre blanc appuyé contre l'arrière d'une voiture grise, une personne de dos penchée à côté de lui sur un parking.
Un panneau souple se porte d'une main. Sur un toit, c'est ce qui se passe sous sa face arrière qui compte.Photo : Newpowa / Unsplash

Quelle puissance selon la surface du toit

Mesure d’abord la surface vraiment libre : retire les lanterneaux, l’antenne, la galerie, les rails, et garde une marge autour de chaque panneau. Ensuite, divise cette surface par les dimensions du panneau. Deux Aysolar de 100 W occupent 2 × 0,51 = 1,03 m² pour 200 W. Les fiches ECO-WORTHY et DOKIO ne donnent pas les dimensions de leurs panneaux : demande-les avant de commander.

Côté production, les chiffres PVGIS de notre guide sur le kit 300 W donnent l’ordre de grandeur, saison par saison, pour un panneau posé à plat ; un panneau collé sans ventilation fera un peu moins, comme on l’a vu. Compare ces valeurs à ta consommation par jour, que notre calculateur d’autonomie estime à partir de tes appareils, pour savoir combien de panneaux il te faut.

Fixation : colle, œillets ou profilés

Les fiches proposent plusieurs méthodes. L’ECO-WORTHY a 6 œillets métalliques pré-percés par panneau, livré avec 6 attaches en inox, et accepte le collage. Le DOKIO a 4 trous de fixation et se pose avec un adhésif ou du velcro. L’Aysolar a 6 œillets et se fixe à la colle, par les œillets, avec des serre-câbles ou du velcro.

Toutes ces options ne se valent pas sur un toit qui roule. La colle est la seule qui ne laisse pas d’air sous le panneau, et c’est aussi la plus difficile à défaire. Pour la colle à utiliser, suis la notice du panneau : l’Aysolar en propose une en PDF sur sa fiche. Pour le velcro et les serre-câbles, demande au fabricant s’il les valide sur un véhicule qui roule.

Il existe un compromis : coller ou fixer des profilés ou des rails sur le toit, puis attacher le panneau dessus par ses œillets. Tu ne perces pas la tôle, et une lame d’air passe sous le panneau. C’est ce que montre le schéma plus haut.

Toit relevable : les points à vérifier

Un toit relevable est le cas où le souple a le plus de sens : le panneau rigide y est lourd et souvent trop grand. Trois vérifications, quand même.

  1. Le support. Le panneau va sur la coque rigide du toit, jamais sur le soufflet en toile : la fiche DOKIO interdit la pose directe sur du tissu ou de la mousse.
  2. Le poids. Chaque kilo posé sur le toit s’ajoute à ce que soulèvent les vérins. Demande au fabricant du toit ce qu’il accepte.
  3. Le câble. Il doit suivre l’ouverture et la fermeture du toit sans être pincé ni tendu : prévois une boucle et un trajet protégé jusqu’au passe-toit.

Le régulateur : un MPPT

La fiche ECO-WORTHY recommande un régulateur MPPT pour charger une batterie 12 V, et la variante retenue ici est vendue sans régulateur. Le Victron SmartSolar MPPT 100/30 de notre kit solaire 300 W avec batterie convient aux trois panneaux. Avec les 400 W d’ECO-WORTHY, le calcul donne 400 ÷ 12,8 ≈ 31 A : le régulateur plafonne à 30 A, et son manuel annonce 440 W de puissance nominale en 12 V.

Avant de choisir série ou parallèle, il faut la tension à vide de chaque panneau, pour rester sous les 100 V du régulateur avec une marge pour le froid. Aucune des trois fiches ne la donne : demande-la au vendeur, ou lis-la sur l’étiquette au dos du panneau.

Les trois panneaux comparés

Les données viennent des fiches Amazon.fr consultées le 29/10/2026.

Comparatif de trois panneaux solaires souples selon leur fiche Amazon.fr
CritèreECO-WORTHY 400 WDOKIO 200 WAysolar 100 W
Puissance2 × 200 W2 × 100 W100 W
CellulesType N, 18BB—Monocristallin PERC
Rendement annoncé25 %—Jusqu'à 23 %
SurfaceETFE (transmission > 95 %)ETFEETFE
Dimensions—Épaisseur 0,1 cm970 × 530 × 2,5 mm
Poids7,3 kg l'ensemble1,1 kg par panneau1,5 kg
Fixation6 œillets par panneau, 6 attaches inox, collage4 trous, adhésif ou velcro6 œillets, colle, serre-câbles ou velcro
Boîtier et connecteurs—Diodes de dérivationIP67, diode de dérivation, MC4
Garantie1 an (fabricant)——
PrixVoir le prix sur Amazon → (nouvel onglet)Voir le prix sur Amazon → (nouvel onglet)Voir le prix sur Amazon → (nouvel onglet)

Un tiret signifie que la fiche ne donne pas l’information : aucune des trois n’indique la tension à vide ; ECO-WORTHY ne donne ni les dimensions ni le boîtier, DOKIO ni le type de cellules, ni le rendement, ni la longueur et la largeur ; DOKIO et Aysolar n’indiquent pas de garantie.

Pour qui, et pour qui pas

ECO-WORTHY souple 400 W
Pour qui
  • Ton grand toit ne se perce pas et tu veux beaucoup de puissance.
  • Tu as déjà un régulateur MPPT, ou tu en achètes un à part.
Pas pour qui
  • Tu veux une garantie longue : la fiche annonce 1 an.
  • Ton toit est petit : la fiche ne donne pas les dimensions.
DOKIO semi-flexible 200 W
Pour qui
  • Chaque kilo compte, sur un toit relevable par exemple.
  • Tu peux lui laisser un espace de ventilation, comme le demande sa fiche.
Pas pour qui
  • Tu comptais le coller sur du bois ou un tissu : sa fiche l'interdit.
  • Tu veux comparer les rendements : la fiche ne le donne pas.
Aysolar flexible 100 W
Pour qui
  • Tu as peu de place et veux connaître les dimensions exactes avant d'acheter.
  • Tu veux une notice à lire avant de coller : le manuel est en PDF sur la fiche.
Pas pour qui
  • Ton besoin dépasse 100 W sur un seul panneau.
  • Tu veux une garantie écrite sur la fiche : elle n'en indique pas.

Erreurs fréquentes

  • Coller un souple sur un toit plat qui aurait accepté des supports et une lame d’air.
  • Poser le panneau sur du bois, de la mousse ou sur le soufflet d’un toit relevable.
  • Brancher les panneaux en série sans connaître leur tension à vide.
  • Oublier le poids ajouté sur un toit relevable.
  • Laisser le câble se pincer à la fermeture du toit.
  • Brancher un souple sans régulateur, ou avec un régulateur qui ne connaît pas ta batterie : avec une LiFePO4, vois les réglages du régulateur pour une batterie lithium.

Questions fréquentes

Quel est le meilleur panneau solaire pour camping-car ?

Il n'y en a pas un seul. Si ton toit est plat et accepte des supports, un panneau rigide posé avec une lame d'air dessous refroidit mieux, et ses garanties sont souvent plus longues. Si ton toit est bombé, relevable, ou si chaque kilo compte, un panneau souple devient le bon choix. Dans les deux cas, compare les fiches sur la tension à vide, le courant, les dimensions, le poids et la garantie, et associe-le à un régulateur MPPT.

Comment coller un panneau solaire souple ?

Suis d'abord la notice du panneau : c'est elle qui indique la colle et la méthode validées. Choisis une partie rigide du toit, jamais un tissu, une mousse ou du bois (la fiche DOKIO l'interdit). Nettoie et dégraisse les deux surfaces, utilise une colle compatible avec ton toit et avec le dos du panneau, et respecte le temps de séchage. Fais entrer le câble par un passe-toit étanche. Si tu peux, colle plutôt des profilés sur le toit et fixe le panneau dessus par ses œillets : la lame d'air le refroidit.

Comment on a établi ce guide

Les données des trois panneaux viennent de leurs fiches Amazon.fr, consultées le 29/10/2026 ; une donnée absente est signalée, jamais devinée, et les notes et avis des clients ne sont pas repris. Les chiffres du panneau rigide viennent de la fiche enjoy solar citée dans notre guide sur le kit 300 W. Les pertes dues à la température viennent de PVGIS, l’outil de la Commission européenne, interrogé le 29/10/2026 pour 300 W posés à plat à Lyon, en montage libre puis intégré au bâtiment. Le fusible, l’ordre de branchement et la puissance nominale du régulateur viennent du manuel du Victron SmartSolar MPPT 100/30.

Les calculs de poids et de puissance par m² sont posés dans l’article. Aucun produit n’a été testé, et aucun prix n’est donné.

Sources